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LAÏCITÉ
Ce qu'on oublie : il ne s'agit pas seulement d'une
famille de pensée qui s'opposerait à une autre (la
cléricale) - c'est une pensée qui na conquis sa
liberté d'être qu'en abandonnant avec pertes et fracas
sa famille d'origine, et qui combat contre ses
empiètements, au sein de l'Etat (464). Un combat,
aujourd'hui encore, loin d'être gagné dans l'Europe des
Douze (apôtres ? ), des Quinze (...), où il ne serait
pas de bon ton de déclarer en public que « le
christianisme ne tient pas... »
Politiquement ou confessionnellement incorrect ?
L'Allemagne et l'impôt dû à l'Eglise, recouvré par
l'Etat, sauf abjuration en bonne et due forme devant le
tribunal, où l'enseignement religieux (et non pas
l'histoire des religions) fait partie des programmes dans
les écoles publiques (crucifix dans les classes en
Bavière... ) ; l'Irlande avec sa constitution placée
sous le signe « de la sacro-sainte Trinité », où le
pouvoir vient de Dieu... vox populi, avec sa
législation médiévale restrictive ou pénalisante sur
des questions aussi sensibles que la sexualité, la
contraception, le divorce... ; l'Italie, qui fait un
crime du blasphème ; le Portugal, où le Vatican est
reconnu comme personnalité de droit international, à
même d'ester sur l'ensemble du territoire - pour ne pas
parler de la Grèce orthodoxe, qui ne connaît pas la
séparation de l'Eglise et de l'Etat, héritière de
Byzance, où l'Education Nationale et la Religion ne
forment qu'un seul et même ministère, ni de l'Espagne
si généreuse au clergé (dans toute son histoire) en
deniers publics, ni de la France qui, outre ses
subventions, déguisées ou pas, se trouve toujours
prête, sur la demande du «Souverain Pontife », à
renouveler sous les voûtes de Reims les promesses de son
baptême...
La spiritualité ayant toujours été liée à la
religion - voire à la religiosité - la libre pensée
laïque refuse de se considérer comme une spiritualité.
Adieu Descartes,
p. 355
La Nuit des Olympica.
Essai sur le national-cartésianisme,
t. IV
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